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La levée de fonds pour son entreprise – Le capital risque

Créateurs d'entreprise
07/03/2016 • Temps lecture : 5 mn • rédaction par Pierre de CréActifs
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Sommaire de l'article

    Il ne se passe pas une semaine sans que la presse économique n’évoque tel ou tel entrepreneur venant de réussir une levée de fonds de quelques millions d’euros. Comment et pourquoi lève-t-on des fonds pour son entreprise ? Qu’est-ce que cela veut dire ? On vous explique tout.

    Des besoins de financement divers

    Lorsque vous créez votre entreprise, vous faites face un jour ou l’autre, dans l’immense majorité des cas, à un besoin de financement. Celui-ci peut être modeste (quelques milliers d’euros) comme très important (plusieurs millions d’euros). Tout dépend de votre ambition, votre stratégie de développement, le potentiel de croissance de votre activité et bien sûr la nature de votre besoin. Pour une activité de conseil ou une petite boutique, votre besoin de financement sera seulement de quelques milliers d’euros au début, pour acheter un ordinateur, un peu de stock et éventuellement un pas de porte et un premier mois de loyer. Pour un projet plus innovant ou plus large, vous aurez peut-être besoin de beaucoup plus d’argent, pour mettre en œuvre des campagnes de communication couteuses (affichage dans le métro, spots TV…), recruter une équipe de commerciaux ou de R&D ou encore acquérir une flotte de véhicules par exemple. Et c’est là que l’équation est parfois difficile à résoudre.

    Ouvrir son capital

    Imaginez que votre entreprise enregistre un chiffre d’affaires annuel de 300 000 euros, avec un résultat net annuel de 30 000 euros, 3 ans après la création. Il s’agit de chiffres plutôt encourageants. Cependant, si vous allez voir votre banquier à ce moment-là, il ne pourra vous prêter que 30 000 à 60 000 euros maximum en général (sauf exceptions). C’est certes déjà une somme intéressante, mais imaginez un instant que votre entreprise connaisse une croissance fulgurante et que tous les voyants soient au vert concernant le produit, le marché, le timing… Vous pourriez alors avoir le projet de développer grandement votre boite, d’investir dans de grosses campagnes de publicité, de recruter une super équipe… Et pour mener à bien ces projets rapidement, vous auriez peut-être besoin de 500 000 euros. C’est là qu’une levée de fonds s’envisage. Il ne s’agit pas d’emprunter de l’argent, mais d’ouvrir le capital de sa société à des investisseurs. On parle donc « d’investissement en capital » (« equity » en Anglais).

    Trois documents à préparer

    La première chose à faire pour réaliser une levée de fonds pour son entreprise, c’est de préparer trois documents : une présentation PowerPoint détaillée du projet, un Executive Summary reprenant les points essentiels sur une ou deux pages et un Prévisionnel financier sur Excel pour les 5 années à venir. Cette phase de travail est très importante : les documents devront être qualitatifs, précis et vendeurs. Comptez deux semaines de travail voire plus pour constituer un bon dossier. Dans la présentation PPT et l’Executive Summary, vous devrez faire apparaitre ce que vous avez réalisé jusqu’à présent, ce que vous comptez réaliser par la suite, comment vous allez le mettre en œuvre, quelle est la composition de l’équipe, mais aussi l’état du marché et bien sûr la teneur de votre modèle économique (comment vous générez de l’argent). Enfin, vous devrez indiquer la somme que vous recherchez et comment vous comptez dépenser l’argent en question : campagnes marketing, recrutement, ouverture de bureaux dans d’autres pays… En ce qui concerne le document Excel de prévisions financières, souvenez-vous qu’il s’agit avant tout d’un document de communication (et non pas d’un document comptable) et que votre interlocuteur devra être capable de le lire et le comprendre en quelques minutes. Il vous faudra détailler au maximum les revenus de votre entreprise et comment ceux-ci sont générés précisément (via quels canaux, avec quelle marge brute, quel coût d’acquisition client…).

    Le roadshow

    L’étape suivante est celle dite du « roadshow ». Vous allez devoir contacter tous les investisseurs susceptibles d’entrer au capital de votre société, pour leur demander un rendez-vous de présentation de votre société. Ces investisseurs peuvent être de nature différente : Business Angels (particuliers fortunés), Capitaux-Risqueurs (investisseurs professionnels dans le domaine des entreprises innovantes), Family Offices (chargés de gérer la fortune de grandes familles), Corporate Ventures (grandes entreprises investissant dans des start-ups)… Vous trouverez leurs noms et leurs coordonnées sur le site de l’Afic et plus largement sur Internet. Depuis quelques années, vous avez aussi la possibilité de mettre votre projet en ligne sur une plateforme de crowdfunding (financement participatif), soit pour trouver des investisseurs et ainsi ouvrir votre capital (par exemple sur Wiseed, Anaxago, SmartAngels…), soit pour emprunter de l’argent (par exemple sur Unilend, Lendix ou Lendopolis), soit encore pour pré-commercialiser un nouveau produit (par exemple sur KissKissBankBank ou KickStarter).

    Un processus normé

    Comme vous vous en doutez, les investisseurs professionnels sont très sollicités. Il vous faut donc être impactant et accrocheur dans votre email. On inclut généralement au premier email de contact l’Executive Summary. Puis, lors du rendez-vous, présentez le document PowerPoint, que vous aurez pris soin de présenter « à blanc » devant plusieurs entrepreneurs et/ou investisseurs expérimentés. Ensuite, il vous faudra envoyer le prévisionnel financier et le détailler lors d’un deuxième rendez-vous. Après plusieurs rendez-vous avec les équipes d’un fonds, il est probable que celles-ci vous adressent une première proposition non engageante sous la forme d’une « term sheet » ou « lettre d’intention », qui résume l’ensemble des points juridiques et financiers de l’éventuel deal. Une fois ce document signé commencera la phase d’audit de votre société, appelée « due diligences ». Il s’agit pour les investisseurs de s’assurer de la véracité de ce que vous leur avez présenté jusque alors. Enfin, si tous les voyants sont toujours au vert, les investisseurs procèderont à l’investissement, à travers une augmentation de capital pour votre entreprise. Bien évidemment, vous serez, en tant que fondateur, mécaniquement « dilué », c’est-à-dire que votre part du capital de votre société diminuera, pour laisser de la place aux investisseurs. Généralement, ceux-ci souhaitent détenir entre 25 et 35% d’une société dans laquelle ils investissent. Leur modèle économique n’est généralement pas de se verser des dividendes, mais de réaliser une plus-value à la revente de votre société à un tiers. Et évidemment, la plupart d’entre eux exigeront de siéger à votre conseil pour prendre part aux décisions stratégiques importantes.

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